Numéro 23 - Mars/avril 2011


Sommaire
• Les pauvres à l'abandon, Jean Peneff, Sociologues >>> Lire l'article >>>
 
• Le remaniement de la famille, Véronique Perriot, Attachée parlementaire >>> Lire l'article >>>
 
• Ferry games, Laurent Paillard, Politologue >>> Lire l'article >>>
 
• La nature malade de la gestion, Jean-Claude Génot, Ecologue >>> Lire l'article >>>
 
• Tous contre la finance?, Anselm Jappe, Philosophe >>> Lire l'article >>>
 
• Le coin des sophistes - 23, Laurent Paillard, >>> Lire l'article >>>
 
• Néo-libéralisme, capitalisme et démocratie managériale, Pierre Dardot, Philosophe >>> Lire l'article >>>
 
• Prisons, l'usine à délinquance, Guy Martin, Géographe >>> Lire l'article >>>
 


Éditorial

2012 : second tour Strauss-Kahn/Le Pen?
L’élection de Marine Le Pen à la tête du Front National rend plus vraisemblable l’adoption d’un scénario à l’italienne caractérisé par un rapprochement des différentes droites. Elle montre aussi que tous les discours sur une fusion
« rouge-brun » restent une chimère.
L’extrême droite, tout comme la droite, est et demeure foncièrement productiviste. Il suffit pour s’en convaincre de lire le programme économique et social du Front national encore plus ultralibéral que celui de Sarkozy, lui-même plus libéral que celui de Chirac. Sarkozysme et Lepenisme sont donc les produits d’une même révolution conservatrice mondiale. Le Sarkophage lance un appel aux candidats déclarés des gauches et de l’écologie antilibérale : ne laissez pas l’extrême droite polluer le combat pour le « bien vivre ».
La nature (même politique) ayant horreur du vide, l’incurie des antiproductivistes de gauche fait le lit des mouvements extrémistes… Cette incurie est notre responsabilité, pas la leur. Le Bloc identitaire n’a pour le système que l’utilité de nous nuire par la confusion qu’il peut instaurer. La percée électorale du Front National, crédité de 18 à 22 % des voix, présente, elle, un réel avantage pour les deux faces du système.
À droite, elle offre la perspective d’une recomposition. Trois des principaux acteurs de l’extrême droite ont très vite perçu cette « divine surprise » (nous utilisons à dessein cette formule de Maurras qualifiant l’arrivée au pouvoir de Pétain). On a vu en quelques semaines Alain de Benoist (fondateur du GRECE, théoricien de la Nouvelle-droite) se porter en soutien « critique » à Marine Le Pen… et lui suggérer de changer le nom de son mouvement pour le rendre plus fréquentable. On a entendu Alain Soral (Égalité et réconciliation) tenir un discours très consensuel sur Marine Le Pen. On a enfin surpris Christian Bouchet (« nationaliste révolutionnaire ») mobiliser ses troupes pour assurer la victoire de la même Marine Le Pen.
Ce nouveau FN n’est donc pas plus fréquentable : il est toujours aussi hostile aux intérêts matériels et moraux du peuple. Rien ne serait pire qu’un 22 avril à l’envers c'est-à- dire un face à face Strauss-Kahn/Le Pen. Non pas parce que la cheftaine de l’extrême droite aurait la moindre chance d’occuper (sic) l’Élysée, mais parce que ce serait pour Strauss-Kahn une opportunité d’apparaître comme de gauche, ce serait aussi pour une partie de la gauche radicale un prétexte pour se rallier au PS…
Le Sarkophage est né de la volonté de dénoncer les sarkozysmes de droite comme de gauche. Notre combat se poursuivra donc sous un Sarkozy rallié à Le Pen comme sous Strauss-Kahn avec ou sans Nicolas Hulot comme vice-président.
Paul Ariès