Le Sarkophage - Journal d'analyse politique - contre tous les sarkozysmes

14 juillet 1789 : prise de la Bastille
14 juillet 2007 : lancement d'un nouveau journal d'analyses politiques
22 mars 2008 : Le sarkophage n°5 un numéro exceptionnel de 24 pages
Le sarkophage n°6 paraitra le 17 mai 2008 avec des articles de Danielle Mitterrand, Jacques Cossart, Paul Violet, etc.

Dix-huit mois
Editorial N° 5

Il reste dix-huit mois pour fonder une alternative politique crédible au sarkozysme en place et à tous ceux qui ne rêvent que de lui succéder en 2012 pour mener une politique du même type. Dixhuit mois pour prouver qu’un espace politique existe entre un parti qui n’a plus de « socialiste » que le nom et une « gauche anticapitaliste » drapée dans sa pureté, réfractaire à toute participation gouvernementale, incapable, en fait, de prendre la mesure de l’époque. Parce que la dérive démocrate des dirigeants socialistes n’est pas accidentelle mais qu’elle traduit la victoire du courant des « nouveaux démocrates » au sein de l’Internationale socialiste, parce que le sarkozysme n’est pas seulement la continuation de la guerre des mêmes contre les mêmes mais l’importation en France de la contre-révolution conservatrice mondiale : nous devons oser une « gauche décomplexée » c’est-à-dire sociale, écologiste et républicaine.
Il reste 18 mois pour forger cette nouvelle force politique à même de rééquilibrer la dérive de la gauche partisane et syndicale et donner

une traduction politique au mécontentement social alors que les municipales ont servi de laboratoire prouvant que des accords avec le MODEM sont non seulement possibles mais qu’ils n’excluent même plus le soutien de communistes. Dix-huit mois pour apprendre à marier les contraintes environnementales et notre souci de justice sociale ce qui impose d’en finir avec l’idée qu’il suffirait de faire grossir le gâteau (PIB) et rend la question du partage plus urgente que jamais, afin de défendre la cause des petits, ce qui suppose certes un effort théorique et politique conséquent à la hauteur de celui accompli par nos anciens lorsqu’ils surent marier le drapeau rouge et le drapeau tricolore. Dix-huit mois pour que des familles des différentes gauches émerge la perspective d’un nouveau mouvement capable de mobiliser au-delà des derniers quarterons de militants encartés dans des appareils en sursis et au-delà des déçus de la social-démocratie et de l’écologie politique. L’expérience de La Gauche (Die Linke) en Allemagne prouve que c’est possible et que c’est même la meilleure façon de bloquer la dérive sociale-libérale des partis sociaux-démocrates. Cette nouvelle gauche sociale, écologiste et républicaine

représente incontestablement une force militante et une force électorale avec lesquelles il faudra nécessairement compter. Des fractions importantes et pourquoi pas majoritaires du PCF, de la gauche du PS, des Verts, de la LCR, des alternatifs, des altermondialistes, des objecteurs de croissance, des gaullistes de gauche, des membres d’autres réseaux en réserve, depuis si longtemps, doivent maintenant converger et faire des prochains Congrès de leurs mouvements des moments historiques. C’est au peuple de gauche de dire qu’il faut maintenant tourner la page et vite et que l’heure est venue de dissoudre, ici, les partis exsangues et de rompre, là, avec la « fausse gauche ». C’est au peuple de gauche d’imposer la convocation d’un congrès de Tours à l’envers pour refonder d’ici, 18 mois, une gauche sociale, écologique et républicaine à la française. Alors Jean-Luc Mélenchon, Marie-George Buffet, José Bové, mes copains « verts » ou de la « ligue », les « objecteurs de croissance », ceux des multiples mouvements sociaux, les « encartés » de tout poils et les « sans-carte » : rendez-vous dans dix-huit mois et pourquoi pas à Tours ?

Responsable rédaction : Paul Ariès