| Dix-huit mois
Editorial N° 5
Il reste dix-huit mois pour fonder une alternative politique crédible
au sarkozysme en place et à tous ceux qui ne rêvent que de
lui succéder en 2012 pour mener une politique du même type. Dixhuit
mois pour prouver qu’un espace politique existe entre un parti
qui n’a plus de « socialiste » que le nom et une « gauche anticapitaliste
» drapée dans sa pureté, réfractaire à toute participation
gouvernementale, incapable, en fait, de prendre la mesure de
l’époque. Parce que la dérive démocrate des dirigeants socialistes
n’est pas accidentelle mais qu’elle traduit la victoire du courant des
« nouveaux démocrates » au sein de l’Internationale socialiste,
parce que le sarkozysme n’est pas seulement la continuation de la
guerre des mêmes contre les mêmes mais l’importation en France
de la contre-révolution conservatrice mondiale : nous devons oser
une « gauche décomplexée » c’est-à-dire sociale, écologiste et
républicaine.
Il reste 18 mois pour forger cette nouvelle force politique à même
de rééquilibrer la dérive de la gauche partisane et syndicale et donner |
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une traduction politique au mécontentement social alors que les municipales ont servi de laboratoire prouvant que des accords
avec le MODEM sont non seulement possibles mais qu’ils n’excluent
même plus le soutien de communistes. Dix-huit mois pour
apprendre à marier les contraintes environnementales et notre
souci de justice sociale ce qui impose d’en finir avec l’idée qu’il suffirait
de faire grossir le gâteau (PIB) et rend la question du partage
plus urgente que jamais, afin de défendre la cause des petits, ce qui
suppose certes un effort théorique et politique conséquent à la hauteur de celui accompli par nos anciens lorsqu’ils surent marier le drapeau rouge et
le drapeau tricolore. Dix-huit mois pour que des familles des différentes gauches
émerge la perspective d’un nouveau mouvement capable de mobiliser au-delà des
derniers quarterons de militants encartés dans des appareils en sursis et au-delà
des déçus de la social-démocratie et de l’écologie politique. L’expérience de La
Gauche (Die Linke) en Allemagne prouve que c’est possible et que c’est même la
meilleure façon de bloquer la dérive sociale-libérale des partis sociaux-démocrates. Cette nouvelle gauche sociale, écologiste et républicaine
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représente incontestablement
une force militante et une force électorale avec lesquelles il faudra
nécessairement compter. Des fractions importantes et pourquoi pas majoritaires
du PCF, de la gauche du PS, des Verts, de la LCR, des alternatifs, des altermondialistes,
des objecteurs de croissance, des gaullistes de gauche, des membres
d’autres réseaux en réserve, depuis si longtemps, doivent maintenant converger et
faire des prochains Congrès de leurs mouvements des moments historiques. C’est
au peuple de gauche de dire qu’il faut maintenant tourner la page et vite et que
l’heure est venue de dissoudre, ici, les partis exsangues et de rompre, là, avec la
« fausse gauche ». C’est au peuple de gauche d’imposer la convocation d’un
congrès de Tours à l’envers pour refonder d’ici, 18 mois, une gauche sociale, écologique
et républicaine à la française. Alors Jean-Luc Mélenchon, Marie-George
Buffet, José Bové, mes copains « verts » ou de la « ligue », les « objecteurs de
croissance », ceux des multiples mouvements sociaux, les « encartés » de tout
poils et les « sans-carte » : rendez-vous dans dix-huit mois et pourquoi pas à
Tours ?
Responsable rédaction : Paul Ariès |